dimanche 28 janvier 2024

Le monde de l'agriculture se rebiffe, quels sont les enjeux?

 

Hasard du calendrier, je suis passé hier par deux ronds-points occupés par des agriculteurs (Libramont et Corbais). Sur le trajet j'ai pu voir un tas de panneaux renversés, une idée originale du mouvement agricole pour signifier "qu'on marche sur la tête". Depuis quelques jours, les agros belges ont rejoint le mouvement initié en France, comme c'est souvent le cas pour la contestation (Nuit debout, gilets jaunes, etc.).

En rentrant, j'ai un peu essayé de comprendre ce qu'il se passe : quels acteurs impliqués, quelles revendications, adressées à qui et avec quels arguments. Voici le résultat de mes rapides recherches.

En France d'abord :

J'en déduis que l'argumentation justifiant le mécontentement tourne à la fois autour des normes (européennes et avec une "surcouche" française), jugées trop sévères ; autour des démarches administratives, jugées trop chronophages ; enfin, autour de la concurrence déloyale qu'entraine l'ouverture du marché européen à des productions de moindre qualité (du moins non soumises aux mêmes normes) et enfin, ça tourne autour des prix imposés par la grande distribution, jugés trop bas. Sont visés les gouvernements nationaux ainsi que l'Europe.



mardi 27 octobre 2020

Coronavius : lettre à mon entourage

Écriture entamée le 18 octobre 2020, publication le 27 octobre 2020
(la situation a pas mal évolué entre temps)

Le 13 mars 2020 a été la dernière journée avant le (premier) confinement. Ce soir-là j'étais sur scène avec des copines et copains. Personne dans mon entourage proche ou lointain ne savait vraiment à quoi s'attendre. Nous étions en quelque sorte unis dans notre ignorance.

Depuis, nos vies ont été plus ou moins chamboulées et les décomptes quotidiens passent et se ressemblent. Une certaine lassitude s'est installée autour du sujet, sauf quand il nous affecte très personnellement, nous empêchant de voir nos proches, d'exercer notre métier ou de nous adonner à notre loisir préféré.

Nous vaquons donc à nos occupations, vaille que vaille, car "il faut bien vivre" et "on ne sait pas combien de temps ça va encore durer". Seulement voilà, alors que le reconfinement est dans tous les esprits depuis plusieurs semaines, nous sommes parfois surpris par nos proches. Peut-être nous semblent-ils trop prudents ou à l'inverse trop insouciants? Peut-être ne savons-nous pas s'il est raisonnable de les ajouter à notre bulle -pas parce qu'on ne les aimerait pas assez mais- parce qu'on croit observer un certain décalage dans nos approches face à ce virus.

Faut-il rendre visite à papy ce weekend? Est-ce vraiment une bonne idée d'inviter Pascal et Aurélie qui affichent clairement des discours inquiétants sur les masques sur les réseaux sociaux ces dernières semaines? Est-ce qu'Alain n'a pas un peu vite invoqué l'excuse du virus parce qu'en fait il ne voulait pas venir hier soir?

La plupart du temps ces arbitrages se font assez facilement voir carrément inconsciemment. Restent les autres cas qui génèrent de l'incompréhension qui a son tour provoque parfois de la déception ou de l'énervement.

Et ça se comprend. Nous avons traversé ces premiers mois installés dans des conditions matérielles très différentes : avec ou sans enfants, télétravail autorisé ou non, précarité ou sécurité professionnelle, conditions sanitaires professionnelles variables, décès/cas graves/cas bénins dans nos entourages ou pas, espace de vie permettant un confinement serein ou tendu, bulle célibataire/familiale/de collocation, etc.

Mais ça n'est pas tout. Dans l'océan d'informations -tantôt contradictoires tantôt paradoxales- dans lequel nous baignons, nous avons tant bien que mal forgé nos doutes et nos certitudes de façon très personnelle. Certains n'ayant d'autre choix que de suivre les évolutions sanitaires déterminant leur futur professionnel, d'autres se permettant une certaine distance avec l'information la jugeant anxiogène, d'autres encore n'ayant simplement pas les privilèges nécessaires à se forger une opinion solide. Enfin, notre défiance a priori dans les figures d'autorité (annonces gouvernementales, épidémiologistes,  influenceurs médiatiques, ...) joue ici un rôle important.

Résultat, sept mois après l'entrée en confinement, l'hypothèse que la distanciation, que nous souhaitions physique, soit devenue sociale ne me semble plus absurde et je fais le pari que ce malaise ira croissant si nous n'y prenons pas garde.

C'est la raison de ce billet de blog: j'aimerais prendre le temps de dire à mes proches où j'en suis. Je crois que nous naviguons à tâtons et que nous ne prenons pas assez le temps de parler de ce sujet qui est pourtant devenu omniprésent dans nos vies. Je crois sincèrement que nous nous heurtons la plupart du temps par maladresse car nous ne sommes pas en mesure de deviner ce que nos interlocuteurs vivent ou ont vécu.

J'essaye donc une méthode parfaitement subjective pour brosser mon état des lieux, je propose de parcourir les tableaux suivants pour mieux nous comprendre : privilèges, attachement à la normalité, posture de prudence et degré de confiance en l'autorité.

J'espère sincèrement que si nous savons à qui nous parlons nous pourrons continuer à communiquer intelligemment et sereinement. Le but étant qu'in fine nous nous retrouvions avec autant de plaisir au terme de cette épreuve sociale. La démarche est peut-être naïve mais je n'ai rien de mieux à proposer. Veuillez donc pardonner l'emploi de la première personne du singulier dans les prochains chapitres dans des proportions jamais atteintes précédemment.



mercredi 18 mars 2020

Coronavirus : revue du web

J'avais l'intention d'écrire sur le bouleversement social qu’entraîne le virus.
Écrire pour essayer d'agréger l'avalanche de contenus qui s'échouent sur mon fil depuis une semaine et, encore mieux, essayer de donner à toute cette "information" un sens.
Comme beaucoup d'autres Belges, je suis confiné chez moi depuis quelques jours et j'estime être assez chanceux : mon employeur ne m'oblige pas à aller bosser au bureau, je suis en bonne santé et je n'ai pas besoin de prendre d'autres personnes en charge.  J'ai donc le temps de l'observation, peut-être même du recul.

J'observe cette période à la fois désorienté et fasciné. Les réactions ne manquent pas et vont d'un individualisme paniqué, avide de PQ à la plus vile minimisation du problème. Malheureusement je n'arrive pas à prendre le recul nécessaire tant le phénomène provoque des réactions rapides. Et puis, soyons honnêtes, j'ai encore plein de questions sans réponse au premier rang desquelles :

  • pourquoi faut-il encore travailler* si "tout le monde est invité à respecter le social-distancing" ?
  • pourquoi les ports et aéroports n'ont pas été les premiers à fermer? pourquoi ne sont-ils toujours pas fermés?! ce virus ne s'est pas propagé en vélo que je sache!
  • depuis quand la faisabilité du travail à domicile se résume à une question technique?! comme si la collaboration professionnelle se résumait soudainement à ne pas devoir surveiller des gosses et à disposer d'une webcam

Tout occupé que je suis à me poser ces questions j'observe.

J'observe que si "on" veut vraiment... "on" peut !
On peut bloquer ou venir en aide à des secteurs entiers de l'économie.
On peut (dé-)prioriser la sacro-sainte liberté de circulation des personnes.
On peut valoriser le travail des secteurs publics.
On peut très massivement et très rapidement changer de comportements.
On peut questionner la fragilité du système dans son ensemble.
On peut drastiquement réduire nos pollutions.
On peut fonctionner de façon responsable tout en suivant un affect collectif.

C'est plutôt encourageant à bien y réfléchir. J'espère très sincèrement que, quand tout ceci sera derrière nous, nous aurons appris des leçons utiles pour résoudre les autres problèmes civilisationnels auxquels nous faisons face.

Pour le reste, je vais me retenir de développer un propos "à chaud" finalement. Je souhaitais tout de même partager le recueil des contenus qui ont retenu mon attention ces derniers jours. En ces temps de confinement peut-être que certain·e·s voudront prendre le temps de la réflexion, sous des angles moins anxiogènes et plus variés si possible.


Et d'ici le prochain article je vous propose simplement que nous prenions soin de nous.

* j'y vois d'ailleurs une confirmation supplémentaire de la pertinence du système du salaire à vie proposé par B. Friot.
EDIT : j'ai finalement décidé de collecter les liens intéressants au fur et à mesure de mes pérégrinations virtuelles, bon appétit



mercredi 24 janvier 2018

"Belgium, une utopie pour notre temps" par Philippe Van Parijs

C'est probablement la première fois que j'assiste à une conférence sur le sujet de la cohabitation communautaire en Belgique et je reconnais volontiers mon ignorance. Alors voilà, "il y a une première fois à tout" parait-il, veuillez donc excuser les inexactitudes et mes mauvaises interprétations éventuelles (et signalez-les moi en commentaire svp). J'ai simplement suivi mon désir d'écouter Philippe Van Parijs (tiens tiens.. encore lui) et je ne regrette pas du tout !


Fiche événement



Quand? 16 janvier 2018 - 18h30 [1h15 de conférence + Q/R]
Quoi? "Belgium, une utopie pour notre temps" [lien] [facebook] dans le cadre de l'AGORA URBAN MASTERCLASS
Qui ? Philippe Van Parijs (professeur ordinaire émérite de l'UCL)
Où? BOZAR - GALERIE RAVENSTEIN, MEZZANINE (Bruxelles)



dimanche 12 novembre 2017

Bernard Friot et le salaire à vie (et un détour par le revenu de base)

Petite nouveauté sur ce blog : il m'est venu l'idée de proposer un compte-rendu des conférences et débats auxquels j'assiste. Quitte à prendre des notes autant les rendre disponibles, non ? Afin de rendre ces notes compréhensibles par le plus grand nombre je vais tenter de résumer ce que je comprenais préalablement à la conférence avant d'en livrer le compte-rendu.

Fiche événement

Quand? 27 octobre 2017
Quoi? "DÉBAT - Fin du travail vs. fin de l'emploi" dans le cadre du Festival des Libertés
Qui ? Bernard Friot
Où? Théâtre National Wallonie-Bruxelles



samedi 10 septembre 2016

De la nécessite du voyage... ou pas.



Disclaimer: le billet qui suit ne représente que mon humeur au moment de le rédiger. Il s'agit d'un coup de gueule en règle. Rien de plus. Je préfère prendre quelques précautions tant j'ai pu remarquer que mon avis est impopulaire auprès de l'écrasante majorité de mon entourage. Si la lecture de certains arguments t'est insupportable, essaye de considérer qu'il s'agit d'un avis caricatural mais argumenté et que la seule façon appropriée d'y répondre est d'amener plus d'arguments contradictoires ou de l'ignorer, simplement.
Je reste sincèrement persuadé que sans controverse il est impossible d'avancer sur certains sujets et que parfois sans pamphlet le conformisme empêche l'émergence d'un débat. Et puis zut, ça équilibre ce que je lis d'habitude. Sur ce, bonne lecture et n'hésite pas à commenter l'article en bas de page de façon sereine et constructive. xXx


ou "Le voyage est la seule chose qu'on achète et qui nous enrichit"

Dans la bouche des aficionados du voyage j'entends souvent les mêmes arguments supposés convaincre du bien-fondé de ce loisir. Car oui je parle ici de voyage comme activité de loisir. Les missions scientifiques, les migrations et les modes de vie nomades sont donc épargnés dans les prochains chapitres. 

Le voyage c'est bon pour les sens, excellent pour le karma, élève nos âmes et ferait le café en plus.. Tu l'as sûrement déjà entendu à défaut de l'avoir déjà dit : "le voyage forme la jeunesse", "c'est une ouverture sur l'Autre, sa culture, sa façon de vivre, une ouverture sur le Monde, dans toute sa diversité", "c'est une chance d'apprécier les merveilles de notre planète", "c'est l'occasion de nous souvenir que notre quotidien n'a rien d'universel". A lire cette liste d'arguments on voyagerait presque par altruisme et ouverture d'esprit.




Internet nous fournit même une version non-argumentée mais toujours mieux marketée : "le voyage est la seule chose qu'on achète et qui nous enrichit". J'ai longtemps machouillé cette jolie phrase toute faite, ça m'a fait les dents. Attention ça coupe. 

Sans même rentrer dans une analyse de fond, j'ai tout de suite envie de questionner ce "only thing" ("seule chose") en proposant d'autres choses qu'on achète et qui nous rendent plus riches : tous les types de savoir (un bouquin, une recette de cuisine, les paroles d'une chanson, etc..), tous les types de rencontres (humaines, vivantes, culturelles, etc.) et -last but not least- les chèques-repas (liste 100% exhaustive, bien entendu). Mais hum. Bref.


mercredi 2 décembre 2015

Un sale climat..

Un sentiment.
Un sentiment de peur très récent.

Non pas que la menace terroriste me semble soudainement plus crédible ou plus justifiée. Non, je pense toujours que c'est un devoir moral de ne pas céder à la peur lorsque certains agitent une vilaine marionnette devant nos yeux.

Ce n'est pas non plus parce que l'Humanité accélère (c'est le principe d'une croissance exponentielle) jour après jour sa chute vers son propre déclin. Pas que ça m'enchante mais pour vivre dans notre monde absurde il faut un peu blinder sa carapace, une jolie façon de ne pas dire "se blaser".

Ce qui me fait peur est bien plus immédiat, bien plus palpable.

Le mois qui vient de passer s'est vu marqué par deux événements marquants à Paris : les attentats et la tenue de la COP21. Deux sujets sans rapport à première vue (quoique... [1][2][3]).



Les liens commencent à devenir plus évidents lorsque le niveau d'alerte national interdit la grande marche citoyenne organisée depuis des mois en marge de la grande conférence. D'abord à Paris (disons qu'on pourrait comprendre), puis à Bruxelles (moins) et enfin à Oostende (alors là..).



vendredi 7 septembre 2012

Le mal du siècle

Il fallait bien trouver un titre à ce billet et, en le renseignant sur Wikipedia, je trouve un écho fascinant dans la "mélancolie romantique" à ce que je m’apprêtais à écrire ici . Dès lors, il est superflu de ré-inventer la roue :

"La mélancolie romantique traduit un malaise de l'individu qui ne parvient pas à vivre dans la société. (...) C'est la révolte par dégoût, dégoût de l'avidité bourgeoise, de la société moderne, dégoût pour un présent qui n'a plus de passé ni encore d'avenir, à la fois plein de semblants de ruines et d'espoirs incertains. (...) Elle devient la substance même de la vie, au point de ne pas laisser d'alternative que la révolte ou la mort." (ref)


C'est ça. C'est vraiment ça.
Enfin, il me semble que le mal du siècle se résume en deux concepts : le manque de sens et la résignation.



vendredi 23 décembre 2011

Démocratie Vs Oligarchie

Bonsoir audience,

Aujourd'hui, petite leçon nécessaire de sémantique.
Comme je l'ai évoqué dans d'autres articles, l'organisation de nos sociétés et les mécanismes la maintenant en place (si pas en vie) sont des sujets qui éveillent progressivement mon intérêt depuis quelques mois.
En me documentant sur le sujet, que ça soit sur le net ou dans la vraie vie.. il m'est arrivé de me casser quelques dents sur la question suivante adressée aux personnes critiquant le système en place "Si la démocratie est si critiquable dans son ensemble, que proposeriez vous à la place?".
Et il est vrai que c'est bien de démocratie que l'on parle généralement dans nos contrées "occidentales" n'est-ce pas ? Pourtant ce sont bien ces gouvernements qui sont de plus en plus critiqués ces derniers mois. Alors qu'est ce qui ne va pas ?

Ma première réflexion a été la suivante : pour amener un peuple primitif à évoluer, on passe généralement par la case féodalité au sens large (ça inclut les despotes éclairés ou non, les rois, les dictateurs, les chefs d'armées géantes ou non, les seigneurs de guerre ou non...), ça permet de faire avancer (une majorité de) la population à l'étape suivante (celle avec le pétrole, les armes nucléaires, les gsm et le gps).
Ensuite on a le choix des armes mais pour beaucoup ça a été théocratie, communisme ou démocratie (oui j'exclus un énoooooorme tas de mots en "isme" qui ont soit été déjà évoqués dans l'étape précédente, soit sont une spécificité rattachable à un des trois termes généraux évoqués ci-dessus).

Vous qui, horrifiés, constatez mes lacunes historiques, soyez rassurés : je résume sans pour autant prétendre que c'est parfaitement exact. J'oublie ou j'ignore probablement d'autres façons de voir, mais je parle de ce qu'on nous sert dans les médias de façon générale : l'axe du bien va instaurer la démocratie partout où les vilains-pas-Blancs ont réussi à vivre jusqu'alors sans (soit des communistes, soit des théocrates de ce que j'ai compris)!





Bref, ma première réflexion donc : la démocratie c'est bien, ça permet d'avancer sur l'échelle de la civilisation et c'est même assez funky mais malgré tout on dirait que ça ne suffit pas (pas convaincus? Indignez-vous!) et donc il faut trouver autre chose... mais quoi ?
Et, bien que j'ai passé pas mal de temps à y penser, je n'ai pas trouvé de réponse ("réponse complète" j'entends, la décroissance est à mon sens un élément de réponse valable au capitalisme par exemple) à cette question "mais quoi alors?". On peut imaginer un monde dominé par la science, la philosophie ou même la glace au lait d'amande mais d'une façon ou d'une autre on arrive vite à des problèmes éthiques, pratiques ou d'obésité.


Étienne Chouard - Conférence: Le tirage au sort... par culture-libre


Et bam! Un jour en visionnant la vidéo ci-dessous, je me suis rendu compte d'un point essentiel :

NOUS NE VIVONS PAS EN DÉMOCRATIE

Hé non !

La démocratie est un système politique où le pouvoir appartient au peuple (démos, kratos blablabla) or, si nous avons bien l'illusion que c'est bien ce qui est en place, on est bien loin du compte.
Voyons hmm, qui prend les décisions ? Réponse : les politiques ou mieux "la classe politique".
Qui est la classe politique ? Ce sont des personnes spécialisées dans l'étude et l'emploi des mécanismes politiques. Ces personnes constituent un groupe limité de la population (bien qu'en Belgique on en aie tellement que la notion de minorité pourrait presque être discutée). Le fait que le pouvoir législatif soit entièrement dans leurs mains porte un nom : oligarchie. Alors en soit ça n'est pas obligatoirement une mauvaise chose, mais c'est pour le moins trompeur d'appeler ce système démocratie.
Le pire c'est que ça n'est même pas nouveau : Aristote écrivait « Il est démocratique que les magistratures soient attribuées par le sort, et oligarchique qu'elles soient électives ». Perso, Aristote j'le connais pas, mais c'est Wikipedia qui m'a soufflé.
En toute sincérité, je ne connais pas suffisamment les rouages des pouvoirs exécutifs et judiciaires, mais mon petit doigt me souffle qu'il y'a probablement certaines similitudes. Bien sur, ce qui est plus frappant dans le monde politique c'est le processus d'élection qui, assorti à la difficulté du genre humain d'utiliser son pouvoir pour la collectivité, est le plus remis en cause par le discours de monsieur Chouard.

Alors voila, le fait est que nous vivons en oligarchie, maquillée en démocratie. Je suis donc assez content de constater qu'apriori la démocratie n'est pas un système défaillant. Ouf.

Mais revenons à la nouvelle du jour, c'est une caste de spécialistes de la politique qui dirige.

Il y'a beaucoup de gens qui trouveront différents arguments défendant ce système, comme par exemple : "Bin oui, il vaut mieux qu'on place des gens qui savent ce qu'ils font au pouvoir plutôt que monsieur Toutlemonde" 

Alors je me pose la question... qu'est ce qu'une personne qui a étudié toutes les formes de suffrage, de droit et de gestion (et encore je suis gentil de partir sur une base aussi large) connait aux problèmes et décisions que doit affronter une société dans son ensemble? 

Je vais reformuler ma question : "Pourquoi un homme politique serait plus à même de décider...
  • ... s'il faut sortir du nucléaire...
  • ...s'il faut favoriser l'installation de multinationales sur le territoire national...
  • ... s'il faut autoriser les recherches sur les embryons humains ...
... qu'un spécialiste qui s'y connait en énergie, économie, santé ou éthique?"

La réponse n'existe pas, c'est pourquoi les politiques font appels à ces spécialistes, des "commissions" pour prendre leurs décisions. C'est comme cela que ça fonctionne actuellement je n'invente rien.

Dans la vidéo ci-dessus que je vous invite -et j'insiste super fort parce que ça dure longtemps et qu'on n'est plus habitués à être concentrés aussi longtemps (lien1, lien2)- à regarder jusqu'au bout, E. Chouard nous donne quelques points clés permettant d'assurer une vraie démocratie. Il y'a, par exemple, l'utilisation de l'aléatoire, le fait d'élire des gens qui ne recherchent pas à être élus.... Ces principes existaient déjà dans la ville d'Athène des siècles avant de devenir polluée et ruinée, et à l'époque ça fonctionnait plutôt bien! ça n'est donc pas du blabla de théoricien/philosophe. Bref, regardez, ça vaut son pesant de cacahuètes. Il en profite aussi pour démonter certains contre-arguments.

http://www.franceinter.fr/emission-parenthese-qu-est-devenue-la-democratie (France Inter, document audio de 9 minutes)

Autre document, donnant la parole à J. Rancière, nous décrivant un système contrôlé par les puissances financières. Au delà même de la réalité des oligarchies politiques et du décalage avec le concept de démocratie, il apparaît que ce qui motive les classes dirigeantes semble bien lointain de ce qui motive "les 99% restants". Donc au delà même des pouvoirs en place, des pouvoirs élus, il y'a des priorités dictées par d'autres groupes économiques et financiers... des oligarchies contrôlées par d'autres.. youpie!
Il nous livre plusieurs pensées intéressantes dont une sur l'impact psychologique de la disparition du bloc soviétique et du communisme : dans l'esprit commun la solution unique qui nous est proposée apparaît comme étant la seule existante.. ça explique probablement en partie l’immobilisme ambiant.
C'est très court, ça souligne le point de vue de Mr. Chouard et ça donne envie d'en savoir plus.

L'article que vous venez de lire n'a pas d'autre vocation finale que de vous inviter à vous renseigner par vous-mêmes (et qui sait? à vous indigner). Ce n'est qu'une ébauche de critique, mais je trouvais que l'approche de Mr. Chouard avait le mérite de décrire une solution alternative à un problème bien précis.

Merci pour votre attention.


samedi 29 octobre 2011

Indigné?

Tout le monde en parle depuis certains évènements espagnols.
Ça fait un moment que je veux m'exprimer sur ce sujet, aujourd'hui je vais essayer de partager mon point de vue par rapport à ce mouvement/mode de pensée.

Avant tout, pourquoi je pense que ça vaut la peine d'en parler?

Pour plusieurs raisons, la première étant qu'il s'agit d'un mouvement international et populaire au sens strict du terme. Pas de parti politique, pas de lobby, juste la voix (d'une partie) du peuple de nombreuses nations développées (contrairement au Printemps arabe par exemple). A ce titre je peux déjà me sentir proche/concerné et assez intrigué que pour m'y intéresser.
D'autre part, la multitude et surtout la différence des avis à ce sujet ne permettent pas de paresseusement se remettre à l'avis d'une personne ou d'un groupe de personnes sans plus y penser que ça.
Dès lors que j'ai eu commencé à y prêter attention, j'ai rapidement été confronté à une impression récurrente. L'impression étrange d'un décalage systématique entre les médias classiques (et l'opinion générale, soyons honnêtes) et les articles spécialisés (frôlant parfois le pamphlet). La réaction généralisée de minimisation de l'information (ou de diabolisation du mouvement) m'a paradoxalement donné envie d'en savoir plus.
Bien que, je l'accorde, cet état de fait tend doucement à disparaître tant le mouvement prend de l'importance (enfin, on peut toujours considérer qu'au lieu d'ignorer le mouvement, il est plus efficace de déclarer le soutenir).




mardi 7 juin 2011

Dans un monde parfait...


... je serais critique cinéma (être payé pour dire ce qu'on pense d'un film.. le rêve quoi), Dj, animateur radio et blogueur influent (haha). Je serais toujours disponible pour mes proches et eux aussi. D'ailleurs pour avoir le temps de faire tout ça, les journées feraient 40 heures. On ne serait pas fatigués parce qu'il suffit de travailler le week-end pour subvenir à ses besoins, ça laisse du temps pour se reposer. Temps que je mettrais à profit pour devenir un rêveur lucide. Je parlerais Japonais. Les gens feraient du sport au lieu de le regarder à la tv (ou de faire la fête dans la rue parce que quelqu'un d'autre a marqué un but) et s'intéresseraient tous au monde qui les entoure. On arrêterait d'opposer nature et technologie. La fusion nucléaire serait maîtrisée. On pratiquerait quotidiennement la télépathie. Y'aurait un chef asiat' dans ma cuisine. La poussière et les moustiques n'existeraient plus. La possession morale, sentimentale ou "de droit" n'aurait aucun sens.  L'argent ne serait pas le moteur qui fait "avancer" notre monde. On aurait d'ailleurs probablement déjà atteint l'ascension en fait ou au moins les limites du système solaire...

Enfin, en attendant, il se passe quand même plein de chouettes choses tous les jours.

Il suffit de garder les yeux et l'esprit ouvert.


jeudi 10 février 2011

jeudi 21 octobre 2010

[MAJ 14.01.2011] Popstep : l'invasion progressive



Cher lectorat,

maintenant que je t'ai gentillement introduit à ma chérie drum and bass dans ce billet, j'aimerais attirer ton attention sur une petite liste de morceaux choisis :
Point commun?

Ouiii ces morceaux contiennent des sonorités et/ou rythmiques drum and bass ou dubstep (pas de panique on reviendra sur ce terme étrange), bien vu je vois qu'on progresse!

Mais encore? non? vraiment?
Hé bien, miracle ou non, toutes ces tracks (voir l'autre billet) passent sur une radio nationale et qui plus est, une radio plutôt populaire dans ma tranche d'âge (PureFM pour ne pas la nommer)!

C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi, ça veut dire beaucoup (d0h, j'vais devoir payer pour ça)!
Nan allay, sans rire, c'est assez frustrant de se voir "éjecté" (ou de s'auto-éjecter) de certaines conversations parce qu'on est catalogué comme écoutant "de la musique de sauvages" ou plus sobrement "de la musique bizarre" (j'ai déjà eu droit à "de la musique de machine à laver", sisi) ou simplement parce qu'on ne peut pas partager à cause d'une différence de culture apparemment trop importante...
Je suis content que les médias traditionnels s'intéressent enfin à ce qui me fait vibrer depuis 10 ans, je pense que ça se comprend assez facilement.

Bref, j'ai décidé d'appeler ce style musical "popstep" en référence à son côté populaire et au penchant dubstep bien sur mais aussi drum and bass (plusieurs sous styles terminent par l'extention step, même en drum). Et surtout pour faire plaisir à un ami qui aime bien avoir des jolies étiquettes sur les musiques (il se reconnaitra ^^).

Le but du billet? Vous offrir une introduction alternative (à mon billet précédent), choisie par Pure pour vous initier à mon univers musical et par la même occasion, qui sait, en convertir quelques uns :)

Sur ce, bonne nuit !

.52.

[MAJ 04.11.2010] PureFM semble effectivement progressivement introduire la dubstep à son public. Voici un lien paru il y'a quelques instants sur son profil Facebook - http://www.rtbf.be/purefm/article_aks-feat-selah-sue-du-dubstep-bien-de-chez-nous?id=3812503. Bonne découverte à tous!

[MAJ 14.01.2011] PureFM continue sur sa lancée, retrouvez désormais "System Dub/Dnb" tous les samedi soir de 22h à minuit.http://youtu.be/H8Id5jMKQh0


mardi 12 octobre 2010

[MAJ 04.11.2010] Drum And Bass - introduction

Aaah ce billet était totalement inévitable!Je profite d'avoir laissé une partie de mon cerveau à l'OpenFields Festival qui a eu lieu il n'y'a pas longtemps pour sa deuxième édition et d'être donc encore un peu imprégné de cette enivrante sensation que me procure le subwoofer pour tenter de vous faire découvrir avec autant de plaisir que j'en ai eu le monde fabuleux de la drum and bass :)


Premièrement, la dreumèn'quoi?!

Commençons par voir ce que nous dit Wikipedia:
"La drum and bass est un genre de musique électronique apparu en Angleterre au début des années 1990, spécialement au club de jazz Blue Note de Londres, en 1994. Le nom, parfois abrégé drum'n'bass, drum & bass ou encore dnb, signifie littéralement « batterie et basse ». Elle est donc caractérisée par ses breakbeats de batterie  et ses lignes de basse lourdes à très basse fréquence ayant pour but de faire ressentir au danseur des vibrations à l'intérieur du corps. Ces deux composantes constituent l'essence du genre. La mélodie est généralement minimale et sert généralement d'emphase aux percussions qui sont extrêmement répétitives. La drum and Bass peut être accompagnée de textes dits de manière rapide et rythmée par un MC.

Cette musique est jouée généralement dans des clubs et parfois dans des free parties. Par ailleurs, elle emprunte abondamment des sonorités au jazz, au ragga, au funk, à la soul, à la techno, au hip hop, voire à la musique classique, notamment par l'utilisation de samples. Cette variété de couleurs musicales permet d'exprimer une palette d'émotions très variées, alors que le tempo se situe généralement entre 160 et 190 BPM. Au cours d'un mix de drum and bass, l'auditeur pourra donc vivre des passages calmes et des passages d'excitation, des passages joyeux et des passages sombres, alors que le tempo reste identique. Cette constance du tempo est un élément clé de la pratique musicale du DJ.
"

Ah, oui, des passages joyeux et des passages sombres.. oui ça correspond bien à la réalité et, pour être honnête, c'est une bonne description "extérieure" : assez générale mais sans dire de bêtises.
Bon, par contre pour "musique électronique" ils repasseront : il s'agit simplement d'une structure musicale, qu'on la joue en instrumental only ou via fruityloops n'a aucune espèce d'importance.



lundi 4 octobre 2010

[MAJ 14.10.2010] Crache Test


Si, comme moi, vous arpentez nos magnifiques *sigh* routes belges, vous avez du constater que l'état les a gentillement ornementées de panneaux comme celui ci.

Mais au fond de quoi s'agit t'il?

"Les tests salivaires présentent l'avantage de pouvoir être effectués plus rapidement et de ne pas nécessiter de mesures d'hygiène particulières. En outre, ce genre de tests entraîne moins de risques de fournir des résultats erronément positifs. Si votre test s'avère positif, la police effectuera un prélèvement de salive qu'elle fera ensuite analyser par un laboratoire. Les conducteurs sous l'influence de drogues encourent une amende de 1 100 à 11 000 euros et une déchéance du droit de conduire allant de 8 jours à 5 ans. En cas de récidive dans les trois ans, le contrevenant s'expose à une peine d'emprisonnement allant d'un mois à deux ans."

URL : http://www.belgium.be/fr/actualites/2010/news_crache_test.jsp


Alors oui, vu comme ça, on a envie de dire "bah oui, faut faire gaffe ça m'a l'air normal".
Le problème c'est que voyez vous, ces tests ne sont pas fiables et s'avèrent positifs même si vous avez eu le malheur de fumer un pétard la veille.
Je recommence donc, mise en situation incluse.



dimanche 5 septembre 2010

Chronos et évolution


Aujourd'hui je vous propose, en guise d'introduction, un extrait d'article(*) qui a retenu mon attention il y'a quelques temps.

"L'homme contemporain remonte désespérément une pente qui s'éboule. Nous fonçons pour rester à la même place, dans un présent qui fuit sans cesse. Car si nous arrêtons une seconde de courir – après le travail, nos courriels, nos rendez-vous, nos obligations, notre argent, après le temps qui file – nous tombons. Dans le chômage, la pauvreté, l'oubli, la dé-socialisation. 
(...) 
A l'âge de l'accélération, le présent tout entier devient instable, se raccourcit, nous assistons à l'usure et à l'obsolescence rapide des métiers, des technologies, des objets courants, des mariages, des familles, des programmes politiques, des personnes, de l'expérience, des savoir-faire, de la consommation.
Dans la société pré-moderne, avant la grande industrie, le présent reliait au moins trois générations car le monde ne changeait guère entre celui du grand-père et celui du petit-fils, et le premier pouvait encore transmettre son savoir-vivre et ses valeurs au second.
Dans la haute modernité, la première moitié du XXe siècle, il s'est contracté à une seule génération : le grand-père savait que le présent de ses petits-enfants serait différent du sien, il n'avait plus grand-chose à leur apprendre, les nouvelles générations devenaient les vecteurs de l'innovation, c'était leur tâche de créer un nouveau monde, comme en Mai 68 par exemple.
Cependant, dans notre modernité tardive, de nos jours, le monde change plusieurs fois en une seule génération. Le père n'a plus grand-chose à apprendre à ses enfants sur la vie familiale, qui se recompose sans cesse, sur les métiers d'avenir, les nouvelles technologies, mais vous pouvez même entendre des jeunes de 18 ans parler d'"avant" pour évoquer leurs 10 ans, un jeune spécialiste en remontrer à un expert à peine plus âgé que lui sur le 'up to date'. Le présent raccourcit, s'enfuit, et notre sentiment de réalité, d'identité, s'amenuise dans un même mouvement."

URL : http://www.lemonde.fr/societe/article_interactif/2010/08/29/le-monde-magazine-au-secours-tout-va-trop-vite_1403234_3224.html
 (*) Article paru dans Le Monde le 29 août 2010



mardi 24 août 2010

Ligne éditoriale

Comme promis je m'attèle donc à la tache qu'est la catégorisation des articles, voici un premier jet.


Geek
Les articles en rapport avec la culture geek dans son ensemble : matériel & logiciel, aspect économiques, culture, déco, activités, etc..

Point d'interrogation
Surprise!

52's Floor
Les informations qui, comme ce billet, concernent le site et son organisation.

3615 ML
Ce pourrait être la rubrique "Humeur" ou "Tranche de Vie" mais "3615 My Life" me semble être plus sarcastiquement approprié.

Zik
Pour découvrir ou redécouvrir un univers musical toujours plus vaste! Il est cependant honnête de te (*) prévenir qu'il y'aura probablement pas mal de drum and bass et de dubstep dans mes sélections.


Il y'aura très probablement des modifications au fur et à mesure que le site grandira mais il faut bien un début à tout !

Sur ce.. bonne nuit à tous.



(*)  : il serait peut-être bien temps de s'y habituer là, non?


dimanche 22 août 2010

Hello World ! (*)

Aujourd'hui, dimanche 22 août 2010, j'inaugure sans grandes pompes l'ouverture de ce blog.

Je profite de l'occasion pour vous exposer ma vision initiale de ce que j'aimerais en faire.

Premièrement, je lis énormément d'informations quotidiennement et je commence à me faire une idée plus concrète sur ce que je lis. Il s'agit principalement de billets en rapport avec les nouvelles technologies (mais pas uniquement, loin de là, nous y reviendrons) et leurs implications dans nos sociétés. J'aimerais partager ces analyses avec le plus de gens possible et dans un sens, mieux comprendre ce qui m'entoure.
D'une certaine façon, il s'agit de donner du sens à ma vie puisque je donne un sens à toutes ces heures passées à lire, don't you think?
 
D'autre part, de temps en temps, il m'arrive de vivre des expériences marquantes et d'apprendre par la même occasion des leçons de vie ou -d'une façon moins marquante- de découvrir des choses intéressantes à propos de notre monde, de mon monde ou de moi-même. J'espère humblement pouvoir partager cela aussi..

Arrivé à ce point-ci du billet, cher lecteur, tu (**) auras surement compris qu'en un mot comme en cent, ce qui m'intéresse c'est la notion de partage. Et j'espère que ma petite utopie existe aussi hors des méandres de mon cerveau !


Ma première tâche va être -de généralement comprendre le fonctionnement du service blogger et, en particulier- de décider d'une ligne éditoriale pour ranger les différents billets mais je vous demande d'avance à tous un peu d'indulgence si les premières semaines s'avèrent être un peu laborieuses.


Sincèrement,


.52.


* : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hello_world (ah, btw, je suis informaticien de formation)
** : Oui, on s'tutoie si tu n'y vois pas d'inconvénients