Affichage des articles dont le libellé est Point d'interrogation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Point d'interrogation. Afficher tous les articles

samedi 29 octobre 2011

Indigné?

Tout le monde en parle depuis certains évènements espagnols.
Ça fait un moment que je veux m'exprimer sur ce sujet, aujourd'hui je vais essayer de partager mon point de vue par rapport à ce mouvement/mode de pensée.

Avant tout, pourquoi je pense que ça vaut la peine d'en parler?

Pour plusieurs raisons, la première étant qu'il s'agit d'un mouvement international et populaire au sens strict du terme. Pas de parti politique, pas de lobby, juste la voix (d'une partie) du peuple de nombreuses nations développées (contrairement au Printemps arabe par exemple). A ce titre je peux déjà me sentir proche/concerné et assez intrigué que pour m'y intéresser.
D'autre part, la multitude et surtout la différence des avis à ce sujet ne permettent pas de paresseusement se remettre à l'avis d'une personne ou d'un groupe de personnes sans plus y penser que ça.
Dès lors que j'ai eu commencé à y prêter attention, j'ai rapidement été confronté à une impression récurrente. L'impression étrange d'un décalage systématique entre les médias classiques (et l'opinion générale, soyons honnêtes) et les articles spécialisés (frôlant parfois le pamphlet). La réaction généralisée de minimisation de l'information (ou de diabolisation du mouvement) m'a paradoxalement donné envie d'en savoir plus.
Bien que, je l'accorde, cet état de fait tend doucement à disparaître tant le mouvement prend de l'importance (enfin, on peut toujours considérer qu'au lieu d'ignorer le mouvement, il est plus efficace de déclarer le soutenir).




dimanche 5 septembre 2010

Chronos et évolution


Aujourd'hui je vous propose, en guise d'introduction, un extrait d'article(*) qui a retenu mon attention il y'a quelques temps.

"L'homme contemporain remonte désespérément une pente qui s'éboule. Nous fonçons pour rester à la même place, dans un présent qui fuit sans cesse. Car si nous arrêtons une seconde de courir – après le travail, nos courriels, nos rendez-vous, nos obligations, notre argent, après le temps qui file – nous tombons. Dans le chômage, la pauvreté, l'oubli, la dé-socialisation. 
(...) 
A l'âge de l'accélération, le présent tout entier devient instable, se raccourcit, nous assistons à l'usure et à l'obsolescence rapide des métiers, des technologies, des objets courants, des mariages, des familles, des programmes politiques, des personnes, de l'expérience, des savoir-faire, de la consommation.
Dans la société pré-moderne, avant la grande industrie, le présent reliait au moins trois générations car le monde ne changeait guère entre celui du grand-père et celui du petit-fils, et le premier pouvait encore transmettre son savoir-vivre et ses valeurs au second.
Dans la haute modernité, la première moitié du XXe siècle, il s'est contracté à une seule génération : le grand-père savait que le présent de ses petits-enfants serait différent du sien, il n'avait plus grand-chose à leur apprendre, les nouvelles générations devenaient les vecteurs de l'innovation, c'était leur tâche de créer un nouveau monde, comme en Mai 68 par exemple.
Cependant, dans notre modernité tardive, de nos jours, le monde change plusieurs fois en une seule génération. Le père n'a plus grand-chose à apprendre à ses enfants sur la vie familiale, qui se recompose sans cesse, sur les métiers d'avenir, les nouvelles technologies, mais vous pouvez même entendre des jeunes de 18 ans parler d'"avant" pour évoquer leurs 10 ans, un jeune spécialiste en remontrer à un expert à peine plus âgé que lui sur le 'up to date'. Le présent raccourcit, s'enfuit, et notre sentiment de réalité, d'identité, s'amenuise dans un même mouvement."

URL : http://www.lemonde.fr/societe/article_interactif/2010/08/29/le-monde-magazine-au-secours-tout-va-trop-vite_1403234_3224.html
 (*) Article paru dans Le Monde le 29 août 2010